Laure, je dors
Lettre envoyée au service client de Dior suite à un accident de flacon.
Non, je ne vous mènerai pas par le bout du nez !
À vue de nez, vous avez du flair, et vous auriez vite vu mon museau remuer si je vous avais dit que mon flacon n'a jamais marché…
Alors voilà, comme ça se voit comme le groin au milieu de la figure, vous n'aurez pas à me tirer les vers des narines pour savoir que je suis un peu empotée !
Ça s'est passé un matin d'été. Je n'avais pourtant pas de verre dans le pif, mais je ne voyais pas plus loin que le bout de mon tarin et, avec la fatigue accumulée, je piquais du bec… Pourtant, j'ai la truffe creuse et je croyais être en odeur de sainteté ! Mais lorsque je suis tombée nez à nez avec ma trousse de toilette, celle-ci n'en a fait qu'à sa tête, m'a fait un pied de nez et, s'est renversée sur le parquet !
La moutarde m'est montée au naseau quand j'ai vu, pointant le bout de son museau, le flacon de mon parfum adoré… Il ne semblait pas amoché, mais impossible d'en extraire le liquide parfumé : le pshiiiit était cassé !
Alors oui, vous pouvez me rire au nez, lever le pif et me claquer la porte au bec. Il serait logique que ma maladresse me retombe sous le nez et que je ne puisse plus mettre le reniflant dehors, de peur que les passants ne puissent plus me sentir…
Alors voilà, je tente le tout pour le tout et je vous demande de m'aider. Loin de moi l'idée de mettre mon promontoire dans vos affaires, mais je pense que vous pourriez, les doigts dans le groin, extraire le parfum et remplir un nouveau flacon non abîmé… Même un flacon démodé : je ne ferai pas la fine bouche sur sa valeur, car l'argent n'a pas d'odeur. Comme moi, d'ailleurs, puisque je ne sens plus rien, depuis qu'il m'a glissé des mains !
En espérant que cette lettre ne vous passera pas sous le nez, et que vous nous prendrez, moi et mon blair, un peu en pitié.
Vaporétisement vôtre,
Lololillu
Tartare de petit personnel
Lettre à moi-même suite à une demande d'augmentation il y a quelques années…
Même si c'est jeter de l'huile sur le feu, j'ai besoin de mettre du beurre dans les épinards ! Et même si j'ai du pain sur la planche, j'espère avoir le cul bordé de nouilles…
Je lui explique que je mets la main à la pâte depuis 3 ans, que malgré ça, j'ai l'impression d'être constamment roulée dans la farine… J'en fais peut-être tout un fromage, mais je ne peux pas toujours être au four et au moulin ! Je me sens pressée comme un citron, et pour un cœur d'artichaut comme moi, c'est pas évident…
Là, il me regarde, et me dit que c'est fort de café. Que même si j'ai mis les bouchées doubles ces derniers temps, ce que je fais ne casse pas trois pattes à un canard… C'est même bête comme chou ! Et d'ajouter : "Avec tout ce que la boîte vous a apporté, vous voulez le beurre et l'argent du beurre ! Alors non, non non : ce serait donner de la confiture au cochon !"
Je le regarde, la gueule enfarinée… Je me demande si c'est du lard ou du cochon, mais il n'a pas l'air de raconter des salades.
Je le vois boire du petit lait devant moi et là, je constate que les carottes sont cuites ! Trop bonne poire, j'ai cru que je sabrerais le champagne ce soir, mais j'ai fait chou blanc… Et je suis désormais le dindon de la farce !
Une chose est sûre, je ne suis pas sortie de l'auberge…

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